Qui fait la recherche agronomique ?
INRAE
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un institut de recherche agronomique, placé sous la double tutelle du ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire et du ministère chargé de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
A INRAE, nous menons des recherches dans trois grands domaines : l’agriculture, l’alimentation et l’environnement. Notre ambition est de transformer l’agriculture et les systèmes alimentaires de manière plus durable et avoir une production qui respecte l’environnement, les agriculteurs et les consommateurs.
Les chercheurs d’INRAE travaillent sur de nombreux sujets pour faire face au changement climatique, préserver l'environnement, mais aussi assurer la sécurité alimentaire et la santé des populations. Ils cherchent à diminuer l'empreinte carbone de l'agriculture et de l'alimentation, réduire la vulnérabilité de nos productions et de nos écosystèmes, et favoriser leur adaptation au dérèglement climatique.
A travers 18 centres de recherche régionaux, les chercheurs s’intéressent notamment à :
- l’agroécologie,
- l'alimentation,
- la santé globale,
- la biodiversité,
- la bioéconomie,
- le changement climatique et les risques,
- la société et les territoires.
Agroécologie : une approche prometteuse
L'agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes, en utilisant des moyens naturels pour la production. C’est une voie privilégiée pour relever les défis liés à la croissance de la population mondiale, les crises sanitaires, la raréfaction des terres agricoles et des énergies fossiles, la décarbonation de notre économie et le déclin de la biodiversité.
INRAE est présent au Salon international de l’agriculture du 22 février au 2 mars 2025. Plus de 200 scientifiques, ingénieurs et techniciens présentent leurs travaux de recherche, de façon ludique et interactive, pour répondre aux enjeux climatiques de demain et proposer des solutions.
Le Cirad
Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) est l’organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes. Les chercheurs produisent des connaissances et proposent des solutions pour créer une agriculture plus résiliente dans un monde durable et solidaire.
Les chercheurs souhaitent favoriser :
- la protection de la biodiversité,
- les transitions agroécologiques,
- la durabilité des systèmes alimentaires,
- la santé (des plantes, des animaux et des écosystèmes),
- le développement durable des territoires ruraux et leur résilience face au changement climatique.
La santé des humains est très liée à la santé des plantes, des animaux, des écosystèmes et des sols. Il faut une approche globale pour travailler sur toutes ces compétences, ce qui implique par exemple de produire moins de pesticides ou mieux exploiter les sols.
Le Cirad est présent au Salon international de l'agriculture du 22 février au 2 mars 2025. Autour de la thématique "Une seule santé", les chercheurs et scientifiques présentent leurs projets de recherche pour répondre aux enjeux sociétaux de demain.
Quelles solutions pour l'agriculture de demain ?
Protéger les cultures et les forêts
S'adapter au changement climatique signifie mieux protéger les cultures et les forêts. Pour y arriver, plusieurs leviers d'action s'offrent aux chercheurs, comme :
- le biocontrôle,
- l'innovation variétale,
- les pratiques culturales,
- le numérique et la robotique,
- l'optimisation de l’irrigation ou les panneaux photovoltaïques.
Plus concrètement...
L’utilisation d’odeurs est une stratégie de biocontrôle, c'est-à-dire l’ensemble des méthodes de protection des végétaux, qui s’avère efficace contre les insectes ravageurs, comme alternative à l’usage des pesticides. Les scientifiques étudient l’odorat des insectes pour identifier des composés qui les attirent ou les repoussent. A partir des récepteurs olfactifs des insectes, ils peuvent identifier des composés de molécules actifs grâce à l’intelligence artificielle.
INRAE conduit également un programme de création variétale résistante aux maladies, basé sur la sélection de pommiers naturellement résistants aux bioagresseurs. En 2025, 3 nouvelles variétés de vignes résistantes au mildiou et à l’oïdium, développées par INRAE, sont inscrites au catalogue officiel français.
La robotisation agricole répond aux besoins d'une population croissante, tout en réduisant son impact environnemental. Développer les agroéquipements robotiques permet donc de mettre en place des pratiques agricoles durables. La plateforme TIRREX, par exemple, vise à développer des robots agricoles qui n'émettent pas de CO2 et donc participent à la sobriété énergétique, adaptés à des terrains complexes, pour réduire leur impact au sol et faciliter l’interaction homme-robot.
Grâce à l'agroécologie, le projet Tazco 2 vise à soutenir une transition écologiquement et socialement durable des systèmes de culture de la filière coton. L'objectif est de contribuer au développement de référentiels diffusables permettant l’amélioration durable des revenus des exploitations agricoles familiales.
Favoriser l’élevage durable et préserver la santé des animaux
Pour favoriser un élevage durable, tout en préservant la santé et le bien-être des animaux, les chercheurs utilisent :
- la sélection génétique pour réduire les émissions de méthane des ruminants,
- l'alimentation sur mesure pour des élevages porcins plus durables,
- les atouts du pâturage pour les ruminants,
- les approches vaccinales et la prévention.
Plus concrètement...
Dans une étude parue en 2024, les scientifiques d’INRAE ont conçu une nouvelle formulation vaccinale à base de nanoparticules "universelles" des virus de grippe aviaire, pour protéger les animaux contre les souches hautement pathogènes du virus H5N1. Les résultats obtenus montrent que les poulets immunisés grâce à ce vaccin sont protégés contre la grippe aviaire et ne transmettent plus le virus.
L'alimentation des animaux participe fortement (65 à 95 %) à l'impact environnemental des systèmes d’élevage. ÉcoAlim est un programme informatique d'écoformulation des aliments qui propose des stratégies de réduction des impacts environnementaux. Les scientifiques d'INRAE conçoivent des aliments sur mesure pour les porcs, les volailles et les truites d’élevage.
En savoir plus sur l'élevage face aux défis du changement climatique à INRAE
Assurer la sécurité alimentaire
La sécurité alimentaire est déterminée à la fois par la santé des animaux et des plantes, mais aussi par les effets du changement climatique, qui se manifestent par des sécheresses, canicules, inondations, tempêtes... qui peuvent avoir de lourds impacts sur la production agricole et fragiliser la sécurité alimentaire mondiale.
Plus concrètement...
Dans les Pyrénées-Orientales, le changement climatique se traduit par des températures plus élevées, un manque d’eau et une météo plus variable. Pour pallier ces impacts sur les productions agricoles, les chercheurs d'INRAE ont expérimenté des modes de maraîchage diversifiés pour des cultures en pleine terre sous abri non chauffés, entièrement dépendantes de l'irrigation. Ils permettent aux cultures de s'adapter au climat plus sec et apportent de la résilience face aux dégâts liés aux bioagresseurs.
En savoir plus sur la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique à INRAE
Préserver la biodiversité
Pour protéger les écosystèmes face au changement climatique, les scientifiques vont chercher des solutions pour protéger les abeilles domestiques des prédateurs et parasites, ou encore se tourner vers l'intelligence artificielle au service de la traçabilité du bois.
Plus concrètement...
La traçabilité du bois est nécessaire pour lutter contre les exportations illégales, informer le consommateur sur les origines locales des produits et améliorer l’efficacité des chaînes d'approvisionnement. Avec l'Office national des forêts (ONF) et l’Université de Lorraine, les scientifiques d'INRAE ont développé une méthode d’analyse biométrique des grumes de chêne (troncs d'arbres abattus), en se basant sur des photos et sur l’intelligence artificielle pour identifier les grumes.
Les abeilles mellifères, pollinisateurs majeurs des plantes cultivées ou sauvages, sont fréquemment exposées à de nombreux pesticides chimiques dans l’environnement, ce qui peut conduire à la perte de colonies. Les chercheurs d’INRAE et l’université de Mexico ont recueilli et traité avec un modèle d’intelligence artificielle les données d’activités de vol d’abeilles mellifères. Les résultats obtenus, extrêmement précis et précieux pour la toxicovigilance, ont permis de classer les performances de vol des abeilles et déterminer si elles ont été exposées ou non à des pesticides chimiques.
En savoir plus l’apport de l’IA pour identifier les abeilles exposées aux pesticides
Des projets France 2030
L'intelligence artificielle est au cœur du lancement de nouveaux appels à projets dédiés aux transitions agricole et agroalimentaire. L'objectif est d'investir dans les solutions d'avenir, pour accélérer le déploiement des innovations au service de notre souveraineté alimentaire.
Le Grand Défi "Robotique Agricole", lancé en 2023, a pour ambition d'accélérer la transition agroécologique grâce aux agroéquipements de demain. En grandes cultures, arboriculture, maraichage ou élevage, le monde agricole doit pouvoir s’appuyer sur des technologies de rupture, en particulier en robotique, pour amplifier et aider les changements de pratiques et de systèmes dans la conduite des exploitations. L'intérêt est d'accompagner la transition du modèle agricole vers des systèmes plus durables.